A quelques pourcents près, toutes les pommes de terre sont rentrées. Mais les conditions dans lesquelles elles ont été rentrées varient très fort. Les premières ont été récoltées chaudes et dans la sécheresse, Et depuis la fin octobre, ce sont des pommes de terre froides, humides et parfois avec énormément de terre. Surtout pour ces dernières récoltées dans le froid et l’humidité, il faut être très vigilant sur le séchage. Nous voulons encore vous rappeler les choses qu’il faut essayer de faire … et de ne pas faire (!) pour un début de conservation rassurant.

Premièrement : homogénéiser tout le tas et mettre toutes les sondes à une valeur comparable, sinon des zones de condensation risquent d’apparaître. Il suffit de ventiler en interne avec une porte à moitié ouverte pour garder un léger renouvellement d’air. Placer un canon dans l’espace aidera à égaliser le tas, mais vers le haut. Le canon permettra que la température du tas ne descende pas, car certaines pommes de terre ont été rentrées trop froides.

Ensuite : le séchage. Et à ce moment-là, il y a deux règles importantes :

D’abord: êtes-vous certain que l’air que vous envoyez dans le hangar est plus sec que celui qui est déjà dans le hangar ? Trop souvent des gens allument les ventilateurs manuellement lorsqu’ils voient un rayon de soleil, et les éteignent quand il pleut ou en cas de brouillard. C’est un travail au feeling, mais très régulièrement vous faites pire que mieux ! Il faut connaître 3 mesures pour ne pas faire de bêtises : la température de vos pommes de terre, la température extérieure et l’humidité relative extérieure. Et pour ça, mettre son doigt en l’air ne fonctionne pas mais il faut des sondes de mesures !! Si vous avez des sondes et que celles-ci sont reliées à un ordinateur, alors c’est lui qui vous dira si l’air extérieur est séchant ou pas. Si vous lisez vos sondes manuellement sans ordinateur, alors il faut vous-mêmes faire le calcul en utilisant le tableau suivant. Il indique le nombre de grammes d’eau dans un mètre cube d’air selon sa température (les lignes) et son humidité relative (les colonnes). Comparez ainsi le nombre de grammes d’eau dans un mètre cube extérieur et un mètre cube intérieur, et voyez qui est le plus sec (on considère que l’humidité relative dans le hangar dont le tas est encore humide est à 100%). Si le nombre de grammes d’eau dehors est plus faible que dedans, prenez de l’air extérieur pour sécher. Dans le cas contraire, abstenez-vous et continuez à ventiler mais en interne.

 

Grafiek

Deuxième règle: un canon ne sèche pas ! Il fait juste en sorte que la température de votre tas ne descende pas lorsque vous le séchez.

Voici donc en bref les 2 points sur lesquels nous voulons insister:

1) Avant de ventiler avec de l’air extérieur, avez-vous vérifier si cet air est séchant?

2) Utilisez un canon à chaleur pour maintenir, voire augmenter la température moyenne de votre tas.

Dans les prochains jours, ils annoncent des températures plus douces :

 

Werpluim

Vu ces prévisions, c’est donc encore trop tôt pour les laisser descendre. Si le tas reste à 10 degrés, on gardera encore des plages propices pour sécher, sinon on sera vite coincé. Et surtout pour les tas qui sont encore fort humides et avec pourries, on ne peut pas se permettre des rester 2 jours sans sécher !

Si vous avez des questions, n’hésitez pas. Je préfèrerai toujours un coup de fil pour expliquer le calcul à faire ou demander un conseil, à un coup de fil pour me demander de venir vider un hangar car on voit une flaque dans la cave !! Mettez toutes les chances de vos côtés pour éviter ce scénario.